« Innocence lunaire » est un dessin que j’ai griffonné sur un bout de table avec un simple crayon à mine lors d’un voyage à fins spirituelles en Floride , représentant une bouille de poupée aux allures lunaires.

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Elle représente la quête d’une innocence sans artifice, l’expression du temps présent et de ses méandres futuristes.

Et si nous pouvions créer une poupée de metal capable de nous voir, de nous parler, de nous conseiller, une sorte de confident ou d’ange gardien qui jamais ne nous contrarie mais essaye toujours de dupliquer nos états d’âmes et ce qui est le mieux pour nous ?

Alors je crois que nous aurions tous et toutes envie de jouer à nouveau à la poupée.

Pourquoi une poupée de métal ? Pour coller avec les nouvelles technologies, utiliser des matériaux nobles que ne sont pas le plastique ou le nylon, mais aussi parce nous ,humains, sommes aussi habités par une certaine quantité de fer qui circule dans notre sang…

Mais qu’on se le dise, aucune poupée de metal aussi sophistiquée soit-elle ne sera véritablement capable d’imagination, au sens humain et spirituel du terme.

Bien sûr, elle sera capable de croiser les données que vous lui aurez communiquées, et une certaine forme d’alea et de randomité peut même être introduite dans les mécanismes, mais jamais votre poupée ne sera capable d’ inventer seule une donnée qui n’est pas le fruit de ce dont vous l’avez nourrie.

Serait-elle capable de pleurer de joie si on ne lui apprenait pas qu’une émotion positive très forte peut amener les larmes à couler ?

Certainement non, pas plus qu’elle ne saura conclure que 2+2 = 3 si vous lui avez enseigné les mathématiques classiques.

A ce propos, savez-vous quelle est l’étymologie du mot  » mathématiques » ?

Mathéma en grec fait référence à l’étude, la connaissance et la démonstration pythagoricienne du résultat de ce que l’on a appris.

Quand vous étiez à l’école, vos professeurs ont-ils pris le soin de vous donner la définition et l’origine de ce mot ? Pas les miens, ni mon père professeur de mathématiques, mais j’ai toujours adoré l’algèbre.

Le mot « Algèbre » vient de l’arabe « al djabr » qui signifie « la restauration » au sens de « la réunion de ce qui a été cassé ».

En découvrant aujourd’hui l’origine de ce mot, je comprends mieux pourquoi j’aimais tant cette matière ! Jusqu’en terminale j’ai voulu être vétérinaire, pour rétablir la condition de l’animal, jusqu’à ce que le droit et l’idée de justice qu’il véhicule me détourne de cette voie.

Aujourd’hui, à travers l’Art, je veux créer des poupées ou créatures ayant une structure de métal,  moulées en pâte et articulées qui ne soient pas de simples robots d’acier.

Ce seront de petits êtres qui, à défaut d’en éprouver eux-mêmes, pourront véhiculer des émotions douces ou gaies au fil de leur existence et de nos mouvements.

Par la magie de « l’art algébrique », ces poupées auront pour mission de restaurer notre capacité à communiquer avec une innocence lunaire…