Shaolin s’est éteint le 8 avril 2017,   heurté  par une automobile  en face de chez   nous, il n’avait pas encore 2 ans

HOMMAGE A UN CHAT BIEN-AIME

  Il suffit d’une seconde pour que la Terre bascule

  Sur son axe ridicule

  Une route trop passante où l’Un roule sans freiner

  Toi sur le bas côté, on a sonné

  Juste en face de chez nous, juste en face de chez toi

  L’effroi

 Ne pleure pas …

  Mon chagrin est sans fond, mais qui peut le comprendre

  Ce lien ne peut s’entendre

  Invisible à leurs coeurs, toi mon chat, mon bonheur

  Calme ta main en souffrance…

  J’ai mis du temps pour pouvoir te trouver

  Avant de te connaitre, te retrouver

  Toi l’ami adoré depuis la nuit des temps

  L’éternel compagnon de fortune

  C’était il y a longtemps

  J’en ai rêvé depuis la lune

  Je n’ai pas oublié…

  Déjà bébé je te savais mon bien-aimé

  Perché sur mon épaule comme une chouette sacrée

  Tu te couchais sur mes pieds

  Pour te faire comprendre que je t’aimais…

  A m’empêcher d’avancer

  Ombre de mes pas

  Ombre de mes joies

  Ma maîtresse adorée …

  J’ai maudit ce matin où tu ne viendrais pas

  Aux aurores demander qu’on t’adore, qu’on te choie

  Sur ma tête se lover, ronronner, patienter

  Mes moustaches en frémissent encore…

  Ta dépouille encore fraîche aux longs poils de neige

  Et la pointe brûlée par de vieux sortilèges

  Mais dans tes yeux bleu clair au regard figé

  J’ai su en un éclair que tu n’étais plus là

  Je suis là…

  C’était hier à peine, tes poses sans queue ni tête

  Et ta queue en panache qui savait me parler

  Ton bonjour du matin sans bond vers la gamelle

  Juste honorer les tiens, venir les saluer, comme en un rituel

  Dans ce jardin en fleur sans signe de désespoir

  Qui aurait cru qu’au soir ce serait sans appel

  Un ciel devenu noir

  Je ne l’ai pas vu venir…

  Toi le roi des félins à la crinière épaisse

  Dans ce conte enfantin loin des sottes ogresses

  A guérir les maux de toutes les petitesses

  Sans jamais te lasser, donner ta langue au chat

  Tu as quitté cette ombre de chacun de mes pas

 Tu me barrais la route

  Ta fourrure sur mes pieds pour que j’écoute

  Je t’honorais…

  Je te sais encore là, invisible trépas

  Fais moi signe, reviens-moi

  Je reviendrai…

  Toi ma muse, toi mon chat

  Je serai petit chat…

  Comment te reconnaitre, être sure que c’est toi

  Sous une autre couleur, sous une autre douceur

  Ne t’en fais pas…

  L’amour ne s’en va pas

  Je te ferai sourire, à nouveau te chérir…

  Jusqu’au bout de la nuit, je pense à toi

  Prends soin de toi, un jour je serai là…

à nouveau près de toi

  Mon chat…

EG le 9 avril 2017